EN
La Pendue - Tria Fata

TRIA FATA

Marionnettes et musiques éclectiques

Tout public (à partir de 11 ans)
Techniques Marionnettes portées, à fils, à gaines et ombres
Musique en direct clarinette, clarinette basse, accordéon, batterie, voix
Création printemps 2015

Avec Estelle Charlier et Martin Kaspar Läuchli
Direction artistique Estelle Charlier
Mise en scène Romuald Collinet
Collaboration à la mise en scène Pavlina Vimmrova
Musique Martin Kaspar Läuchli
Texte et regard Romaric Sangars
Création lumière et Régie générale Anthony Lopez
Marionnettes et scénographie Estelle Charlier et Romuald Collinet
Régie Anthony Lopez ou Andi Luchsinger

Production Théâtre de l’Homme Ridicule
Soutien: Conseil Général de l'Isère, SPEDIDAM, Ville de Winterthur Suisse, Théâtre du Temple de Saillans.
La BatYsse et l’Espace Culturel La Buire à L’Horme, les Ateliers de Couture de la Ville de Grenoble.

 

TEASER :

 

 

TRIA FATA

Elle est marionnettiste, il est musicien, et dans leur cabaret, ne se jouent rien moins que
la vie et la mort. La grande machinerie d’imaginaire qu’ils actionnent ressemble en effet
étrangement à celle qui préside à nos destinées : ce métier à tisser que les Anciens
croyaient aux mains des trois Parques - Tria Fata -, et où les fils de nos vies se tissent,
se déroulent et se rompent.

C’est ainsi qu’une vieille dame se retrouve aux prises avec la Mort, son heure venue avec
celle du spectacle. Afin de reculer un rien l’échéance, celle-là propose à celle-ci de lui
déployer en accéléré le panorama de son existence. Et c’est ainsi que le spectateur est
amené à considérer toutes les métamorphoses d’une vie exposées devant ses yeux sous
une forme dynamique, délirante, insolite, hallucinatoire. De la naissance à la fin en passant
par l’enfance et l’amour : jeu, voltige, images, feu – un grand kaléidoscope tourbillonne
avant l’extinction, passant d’un seuil à l’autre dans l’éclat de figures improbables.

Toutes les émotions et toutes les saisons sont ainsi offertes au gré d’une dramaturgie
en poupée russe, où le jeu de la vieille dame s’inscrit dans celui des acteurs, lui-même
résultant de celui des Parques ; de telle sorte que la marionnette est présentée ici – et
selon le plus saisissant des reliefs - comme un symbole universel d’humanité.

 

 

NONA (Origines)

À l’origine, les marionnettistes de La Pendue cherchèrent à développer leur art à partir
de ses fondements-mêmes, en revisitant l’antique tradition de Polichinelle. Ils s’y
attelèrent durant trois ans à même la rue, hors festivals, dans un simple castelet, avant
de parvenir à réveiller ce grand mythe au cours de deux créations : Le Remède de Polichinelle
(version jeune-public), puis Poli dégaine (version déjantée – adulte). En sept ans,
ils furent invités à présenter ces deux versions près de huit cents fois, en France et dans
une trentaine de pays, touchant pas moins de cent vingt mille spectateurs. À travers
cette forme originelle, dynamique, autant populaire qu’exigeante, ils s’initièrent aux
arcanes d’un art à la richesse incomparable et souvent insoupçonnée.

Parallèlement, Estelle Charlier et Romuald Collinet méditaient déjà d’autres pistes,
cherchant à créer un phénomène de catharsis aussi puissant et unanime que celui
fomenté par leur Poli dégaine, mais dans un registre très différent, puisqu’il s’agissait
cette fois-ci de jouer sur l’efficience poétique et émotionnelle des images, de la
dramaturgie et de la musique, dans une optique globale foncièrement moderne, et
propre à n’épargner aucun spectateur. En collaboration avec le musicien Martin Kaspar
Läuchli, la dramaturge et metteur en scène Pavlina Vimmrova et l’auteur Romaric
Sangars, fut donc ainsi créé, au printemps 2015, le spectacle : Tria Fata.

 

 

DECIMA (Développements)

Tria Fata résulte de longues recherches sur la marionnette, la Compagnie La Pendue
ayant exploré les rapports ambivalents qu’elle entretient avec son créateur-manipulateur,
la forte symbolique qu’elle se trouve apte à dégager immédiatement, comme son
« point d’apesanteur » entre l’inanimé et le vivant. À la fois magique, technique, poétique
et burlesque, ce spectacle, entre autres objectifs, espère briser les préjugés qui peuvent
encore encombrer l’étonnante liberté de la marionnette.
Cette liberté se donne libre cours dans l’atmosphère musicale développée par Martin
Kaspar Läuchli en écho au jeu d’Estelle Charlier, et si l’un est un homme-orchestre
alternant les instruments (clarinette, clarinette-basse, accordéon, batterie, voix), l’autre
est une femme orchestrant les formes les plus diverses, manipulant à vue, jouant,
changeant de masque - tous deux doublant ainsi leurs propres multiplicités dans
l’intention d’offrir un véritable vertige onirique où poupées, humains et grands
archétypes, mutent et s’intervertissent pour la plus grande résonance du mystère.

 

 

MORTA (C’est à la fin que tout commence…)

Si la mort est l’interlocutrice privilégiée de l’héroïne de Tria Fata, la perspective se
trouve néanmoins, plutôt que macabre, foncièrement burlesque. Par ailleurs, la dernière
Parque représente ici l’ultime seuil à franchir au sein d’une narration et d’une
scénographie qui insistent avant tout sur l’aventure humaine comme une succession de
métamorphoses.

Chacune de ces métamorphoses, chacun de ces caps, donne lieu à un jeu particulier,
qu’il s’agisse de trancher son ventre au couteau électrique pour enfanter, de pendre au
bout de son cordon comme un pompon de manège, de se laisser aller à la voltige
qu’enclenche une première passion, de voir venir la vieillesse comme un tourbillon de
diapositives…

Ainsi, en filigrane de ces métamorphoses, peut-on percevoir le mythe des Trois Parques,
Nona, Decima, Morta ; celle qui fait naître, celle qui fait vivre et celle qui tue, dont les
rôles se trouvent subrepticement endossés par la marionnettiste déroulant la vie d’une
accoucheuse sous le regard impatient de la mort.